Skoun, pour venir en aide aux personnes toxicomanes

12.03.2019

Published by L'Orient Le Jour
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Aujourd’hui, mardi, à 20 heures, se tiendra à l’ancien batîment de Chevrolet à Hazmieh le dîner de gala de l’association Skoun qui vient en aide aux toxicomanes.

« La toxicomanie est avant tout une maladie »... Nadya Mikdashi, cofondatrice et directrice de Skoun, souhaite à terme faire évoluer les mentalités sur la toxicomanie pour que cette dernière soit reconnue comme une maladie avant d’être perçue comme de la délinquance. Association à but non lucratif existant depuis maintenant 15 ans, Skoun a connu au cours de l’année dernère une hausse de 18 % de son nombre de patients, qui s’élève désormais à 584. La prise en charge des patients se fait dans deux centres à Beyrouth, situés à Badaro et à l’hôpital universitaire Rafic Hariri.

Pour délivrer un traitement psychiatrique et psychologique optimal et gratuit à ses patients, une assistante sociale, deux psychiatres, six psychologues et trois infirmiers sont employés. Maria (prénom changé), âgée de 28 ans, suit un traitement au centre de Badaro. Dépendante à l’oxycodone, drogue à base d’opium, depuis maintenant trois ans, elle évoque à L’OLJ l’importance de son traitement psychologique. « Ma thérapeute est comme mon miroir. Elle connaît tout mon passé et me permet d’avoir toujours une voix objective qui m’aide à prendre les bonnes décisions. » Témoin de l’overdose de son amie il y a désormais deux ans, Maria prend la décision de venir se faire soigner à Skoun avant tout pour accompagner son amie dans cette épreuve. Elle voit désormais sa thérapeute une fois par semaine et suit un traitement de substitution qui permet d’éliminer l’envie sans toutefois procurer l’état euphorique provoqué par la substance. Si l’héroïne (50 %-60 %) est l’addiction la plus traitée parmi la clientèle de Skoun, la dépendance vis-à-vis de l’alcool représente tout de même 14,5 %. Viennent ensuite la cocaïne avec 10 à 12 %, le cannabis à environ 5 % et le jeu pathologique à 1 %. « Nous traitons chaque patient de manière différente. Il n’y a pas une seule et même formule, chaque patient reçoit un traitement individuel évalué par nos spécialistes », explique Nadya Mikdashi à L’OLJ.
 

Deux nouveaux centres

Si le traitement est une part importante dans le travail effectué par Skoun, l’organisation mène en parallèle plusieurs projets en partenariat avec les ministères de la Justice, de la Santé et de l’Intérieur. Depuis maintenant 2013, une loi datant de 1998, permettant aux personnes accusées de consommation de drogue d’être traitées dans des centres pour toxicomanes au lieu d’être incarcérées, est de plus en plus mise en application par la justice libanaise grâce à la collaboration entre le ministère de la Justice et Skoun. Il faut savoir qu’un consommateur de drogue arrêté en possession de stupéfiant encourt potentiellement, selon la disposition des juges, une peine pouvant aller de 3 mois à 3 ans de prison ainsi qu’une amende d’un million de livres libanaises. Selon Mme Mikdashi, « la cour n’accepte pas forcément d’envoyer un consommateur être traité dans un centre, mais la mentalité des juges est en progression sur le sujet car chaque année le nombre de personnes bénéficiant de cette loi progresse ». Dans un futur proche, deux nouveaux centres de traitement seront inaugurés à Tripoli et à Baalbeck. Le projet réalisé par Skoun et le ministère de la Santé, en partenariat avec Médecins du monde et l’Agence française de développement, vise à apporter une aide à chacun sur l’ensemble du territoire libanais. Si la relation avec les deux ministères précités est une vraie collaboration, Skoun est confronté à plusieurs points de convergence avec le ministère de l’Intérieur. Les pratiques opérées par les forces de police lors de certaines arrestations sont désapprouvées par l’association. Entre violences et tests d’urine forcés, Skoun travaille à abolir ces pratiques qui n’apportent aucun effet sur le nombre de consommateurs de drogues. Selon la directrice, « l’objectif est de remplacer la pénalisation de la consommation de drogue par le suivi d’un traitement, car la pénalisation engendre la répression ».

 

Un discours basé sur la franchise

Selon une étude réalisée par Global School-based Student Health Survey en 2017, près de 83 % des élèves de 13 à 15 ans ont déjà bu au moins une fois de l’alcool. Cette étude alarmante a accéléré le processus de sensibilisation auprès de la jeunesse. En effet, la politique de sensibilisation effectuée par Skoun a connu une hausse de 71 % durant l’année 2018. Contactée de plus en plus par les écoles, l’association prône un discours basé sur la franchise envers les jeunes élèves. Le discours ne vise pas à dire « il ne faut pas faire » mais plutôt à instruire sur les dangers que provoquent toutes ces substances sur l’organisme et le développement du cerveau d’un adolescent.

Skoun estime également qu’un adolescent doit apprendre à être résilient lorsqu’une occasion se présente pour lui d’expérimenter quoi que ce soit. En partenariat avec l’ONG World Vision, un travail est effectué dans un deuxième temps avec les parents de l’enfant. En effet, toujours selon l’étude réalisée par GSHS, 72,3 % des élèves âgés de 13 à 17 ans affirment avoir été en présence d’un fumeur lors des 7 derniers jours. Selon Nadya Mikdashi, « l’environnement dans lequel vit l’adolescent est essentiel pour comprendre pourquoi l’élève aurait tendance à se diriger vers le tabac, l’alcool et même la drogue. »

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