Sensibiliser les jeunes aux dangers des stupéfiants, sans sermons, ni reproches

30.06.2018

Published by L'Orient Le Jour
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Dans le cadre du projet Sila, Skoun lance une campagne de prévention auprès des jeunes, menée par des jeunes universitaires.
 

Consciente « qu’interdire l’usage des stupéfiants ou l’abus d’alcool n’a jamais empêché sa consommation », l’association Skoun a lancé en collaboration avec l’Union européenne et l’organisation SIDC (Soins infirmiers et développement communautaire), son projet de prévention Sila, pour éveiller les jeunes contre la prise de stupéfiants (alcool, drogues, tabac...) et, surtout, pour les pousser à prendre certaines précautions pour en réduire les risques. Sila, qui veut dire en arabe connexion, est composé « de jeunes formés, pour aller vers les jeunes sur le terrain », souligne Sandy Mteirik, directrice du département des stupéfiants de l’association Skoun.

La campagne de prévention, lancée au mois de mars passé dans le cadre de Sila, vise les jeunes et est menée par des jeunes dans une approche très amicale, « sans reproches, ni sermons », tient à préciser la responsable du projet. « Nos intervenants, qu’on appelle des travailleurs pairs, sont tous des universitaires, formés pour répondre aux questions relatives à la consommation et aux risques des substances illicites. Ils vont dans les quartiers à grande influence — Badaro, Mar Mikhaël, Gemmayzé — et dans les quartiers défavorisés où ces jeunes n’ont que la rue comme lieu de rencontre. Ils bâtissent avec eux une relation de confiance et d’écoute, en les poussant à réfléchir par eux-mêmes sans leur imposer leur façon de voir les choses. Ils leur font prendre conscience de certains comportements qui entraîneraient des risques de contamination, comme l’usage de la même seringue qui transmet des maladies, la nécessité de se protéger lors des rapports sexuels, ou encore la consommation d’eau après l’absorption d’alcool pour empêcher la déshydratation du corps », poursuit Sandy Mteirik.

Quelles sont les réactions des jeunes rencontrés ? « Certains se confient rapidement et racontent les problèmes auxquels ils font face dans leur région : manque de prévention, de soins… D’autres refusent de communiquer, de peur d’être accusés ou livrés à la justice », explique encore la responsable du centre. Et de préciser : « Les jeunes dans les universités, eux, sont surtout très concernés par toutes les démarches à suivre en cas d’arrestation pour consommation de ces produits. »

Écouter et orienter
Dans une première étape, Skoun avait « commencé par recenser tous les centres présents dans cinq régions libanaises, Beyrouth, Kesrouan, Tyr, Saïda et Tripoli, qui proposent des soins de santé en général, de santé psychique, ou de soins préventifs, pour les consommateurs des substances illicites ». Cette enquête a montré que la plupart des centres recensés étaient concentrés dans la région du Grand Beyrouth, alors que « certaines régions comme Tripoli, le Sud ou la Békaa, souffraient cruellement d’un manque au niveau des soins et des services. De plus, les personnes en charge de ces structures ne possédaient ni les moyens ni la formation nécessaire pour pallier aux besoins pressants de la population dans ces régions », précise encore Sandy Mteirik. Et d’ajouter : « Nous avons donc formé le personnel dans les centres existants en lui donnant les outils nécessaires pour répondre aux besoins des jeunes, en intégrant les soins relatifs au traitement de la toxicomanie dans le cadre des soins généraux de la santé. » Cet immense travail sur le terrain a été complété par la création d’une brochure qui « présente toutes les structures d’accueil dans les différentes régions ainsi que les numéros d’appel d’urgence », pour la transmettre aux jeunes qui en feront usage au moment venu.

Lancement d’une enquête en ligne
Il y a quelques semaines démarre la troisième étape du projet Sila : une enquête nationale menée en toute confidentialité auprès des jeunes de 18 à 30 ans dans différentes régions du Liban. L’objectif de ce sondage mené en ligne – accessible à l’adresse web suivante www.skoun.org/Survey – est de connaître la réalité et les besoins du terrain pour mieux orienter les interventions dans les rues et les centres en général. « Finalement, le but de notre projet n’est pas d’interdire aux jeunes la consommation de stupéfiants ou d’alcool. Ils ne nous écouteront jamais. Notre but est de limiter les risques de certains comportements, mais surtout de leur montrer que nous sommes là pour les écouter et les orienter vers les structures d’accueil qui pourront, eux, les aider à s’en sortir, lorsqu’ils le demanderont », conclut la directrice du département des stupéfiants de l’association Skoun.

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